EN CE MOMENT

« Quant au sérieux du clown, il n’est ni animal ni cynique ; il est plein d’une tristesse qui, en reflétant le triste sort des hommes, rapproche leurs cœurs et, ce faisant, les allège. Ce n’est pas un hasard si aucun personnage de notre siècle n’a suscité autant de sympathie que le misérable personnage de Chaplin à ses débuts. La farce semble être devenue le dernier refuge de l’amour de l’homme, la dernière consolation de ceux que leur tristesse rend complices. Elle est tout ce qui pousse sur les terres désespérément arides de l’absurdité. Elle prouve que le réconfort des hommes est plus important que la signification de leurs actes, et que ce n’est pas le métaphysicien qui peut avoir le dernier mot, mais seulement l’ami de l’homme. »
« L’Obsolescence de l’homme », Günther Anders, 1956