Création 2027-2028
Trou blanc est une fiction documentaire captivante et immersive. Un seul en scène innovant, porté par un collectif d’artistes pluridisciplinaires talentueux, qui met en lumière la complexité et les multiples facettes de la maladie bipolaire. À la fois actrice et sujet, Louise Wailly, en tant que porte-parole de cette réalité, se joue de la norme et de l’Histoire pour faire une « démonstration de patiente ». Ce processus créatif vise non seulement à déstigmatiser la maladie mentale, mais aussi à tenter de l’expliquer avec empathie et profondeur. Une maladie est un fait de civilisation et mérite d’être scrutée avec la rigueur d’un enquêteur passionné. « Comment devient-on bipolaire ? » est la question centrale de cette joyeuse enquête qui invite les spectateurs à réfléchir et à s’interroger sur leurs propres perceptions. Le spectacle transforme le public en un « public-expert », lui offrant les outils nécessaires pour mieux comprendre et apprécier les nuances de cette condition, tout en vivant une expérience théâtrale riche et sensible.
« Oui, je suis un malade mental ! »
Nicolas Demorand, Intérieur nuit
« De longues périodes de pollution de l’air accrue peuvent être liées à une augmentation de 17% des cas de trouble bipolaire, une augmentation de 6% des diagnostics de dépression et une augmentation de 20% des diagnostics de troubles de la personnalité. »
Iqair, 2025
La maladie mentale est invisible et invisibilisée. Même si les témoignages commencent à trouver leurs places dans les médias « malade mental » est encore une insulte aujourd’hui. Cependant des personnes souffrent. Elles souffrent du fait de leur pathologie mais aussi de la stigmatisation qui en découle. Dans ce même sens, la psychiatrie est souvent décriée et nous en avons une vision encore asilaire qu’il convient de démonter. Beaucoup d’œuvres ou l’Histoire elle-même n’ont pas aidé à cette construction de l’imaginaire collectif.
Je souhaite créer une fiction documentaire qui raconte la maladie bipolaire au travers de mon propre témoignage. C’est une façon de marcher dans les pas de Nicolas Demoran et son livre « Intérieur nuit » par exemple. A l’aide d’archives, d’interviews, de documents scientifiques, je souhaite permettre au public d’accéder à une meilleure connaissance de cette maladie. En montrant à la fois le sujet principal atteint de pathologie, moi-même, mais aussi ses proches, le cadre médical, le cadre plus générale de l’Histoire de la pathologie elle-même et ses causes probables. J’aimerais retirer la honte et la peur grâce à une approche sociologique et surtout joyeuse.
Autrefois appelée « psychose maniaco-dépressive » la maladie bipolaire existe depuis des siècles mais a évolué. Les personnes sont atteintes de phase maniaque ou hypomaniaque alternées de phase dépressive. Cette maladie atteint près d’un million de personnes en France et n’est pas dépourvue de causes sociétales.
Qu’est-ce qui dans notre société actuelle nous traverse au point de transformer nos humeurs de manière chronique ? Cette question est la question principale de l’enquête que je vais mener avec le public. Quelles sont les causes enfouies partagées par l’inconscient collectif qui impactent la chimie du cerveau ? Une maladie est un phénomène de civilisation, ce n’est pas un corps mystérieux et magique. Je vais m’appuyer sur une riche documentation pour essayer de répondre à ces questions. Cette documentation peut aller du témoignage d’un proche au document scientifique soulignant les impacts environnementaux dans le développement de la maladie. De l’intime, nous irons vers l’universel pour offrir au sujet sa portée politique.
Pourquoi le théâtre documentaire ?
Je fais le choix du théâtre documentaire car je veux faire le choix de la vérité. Les intentions étant ce qu’elles sont il m’apparaît essentiel de témoigner pour lever le voile sur cette maladie mal connue. Etant moi-même malade il m’est apparu évident d’être à la fois le sujet de l’enquête et l’enquêtrice. Je vais donc utiliser les symptômes pour alimenter la dramaturgie, en filmant les moments « up » ou « down », en m’enregistrant et en enregistrant les proches je vais tenir un journal de bord de la façon dont la maladie s’exprime chez moi. Je vais aussi fouiller dans mes archives personnelless pour enquêter sur la façon dont la maladie s’est manifestée chez moi et quand s’est-elle manifestée. Y avait-il des signes avant-coureurs, des prémisses ?
Mais je ne serai pas le seul sujet du documentaire, je serai accompagnée d’autres malades et de l’Histoire elle-même. En allant à la rencontre de centre de soin et d’association de malades, je vais proposer aux personnes de prendre part à cette enquête dans leur endroit de vérité. Ces matériaux seront poétisés par le théâtre, le son et la vidéo. Il sera question de trouver une forme dont le fond remonte à la surface.
J’ai été diagnostiquée bipolaire il y a trois ans et depuis je me stabilise grâce à un parcours de soin. Malgré des années d’errance médicale et médicamenteuse j’ai rencontré sur ma route des équipes engagées et déterminées à m’aider. Il est donc aussi question de rendre hommage aux soignants qui œuvrent chaque jour dans des milieux délaissés par les budgets de l’état. Ce sont des milliers, d’infirmiers, psychiatres, médecins etc qui s’engagent chaque jour auprès des malades pour essayer de leur rendre la vie plus facile.
Louise Wailly
Coproductions : Culture Commune – scène nationale du bassin minier, Théâtre de la Verrière Soutenu par le Vivat, scène conventionnée d’Armentières
Production Compagnie Protéo
Avec Louise Wailly
Mise en scène : Christophe Moyer et Louise Wailly
Scénographie : Heidi Folliet
Création sonore : Loic Le foll
Création costumes : Louise Combeau
Création lumière : Romain Crivellari
